et le voyageur

et le voyageur
Vidéo 2017, 17mn.



Projeté au plus large du mur jusqu’au sol, le cadre du film a pour 1er plan la matière sonore, une composition pour voix et informatique et comme arrière-plan, celui du flou, une mer de nuages. Le « théâtre » de nuages avance lentement, ralenti, se fixe, puis relancé par la voix, repart en sens inverse. Relecture distanciée du tableau de Caspar David Friedrich, le voyageur contemplant une mer de nuages.

personne



personne (2013-2017) 
La présence ou la figuration ou le visage ou le voir ou le désir, etc...
Si une personne est un individu, personne est aussi le masque, du latin persona, derrière lequel « on »n’y verra peut-être personne.
Ulysse, c’est Personne. 
- Mais qui t’a rendu aveugle Polyphème ? c’est Personne ! De là à dire que c’est lui-même, Polyphème, il n’y a qu’un pas, qu’il faut absolument franchir avec joie... pas de pitié pour Polyphème, l’aveuglé, qui s’apprêtait à dévorer Ulysse et ses amis !
l’installation* : des cônes en papier (la quantité est déterminée par le lieu, minimum une quinzaine) de 130 cm de hauteur sur une base de 65 cm, disposés sur un sol de couleur noir. Le plafond, sur toute la surface de l’installation est tendu par un film réfléchissant (type Mylar). Le visiteur déambule entre les cônes. La forme et la hauteur des cônes est immédiatement perçue comme anthropomorphe alors que les linéaments sur les cônes ne sont qu’abstraction. Si on regarde le plafond-miroir, on découvrira que se positionnant tout à coté d’un cône, les signes dessinés en anamorphose sont des visages devenus visibles par le simple déplacement du regard.
Les visages représentés émanent de gens à la fois présents dans leur action et discrets dans leur manière d’être. Ainsi les bénévoles d’une association oeuvrants dans le quasi anonymat ou plus cruellement des réfugiés à la fois très présents et/ou très absents... d’Ulysse ou de Polyphème, tout dépend du point de vue (ou du désir).
* Crée en 2013 à l’Abbaye de Bon Repos.

https://vimeo.com/116948527 (animation, la composition sonore a été réalisée avec la participation des bénévoles de l'Abbaye de Bon Repos)













SOLO

                          

SOLO
I had a dream
(00:08:07) 2016



Vidéo réunissant un assemblage d’éléments apparemment hétérogènes, évoquant le fonctionnement du rêve. La bande son a été réalisée d’après la mélodie O’solitude de Enry Purcell. Le chanter-faux de la voix est démultiplié en 4 chants a capella. Un texte de B. Wiedemann, susurré, introduit et conclut la séquence. Le tempo vocal induit le rythme du montage en une lente exploration de leurres vivement colorés, en plans serrés. Le sous-titre pourrait évoquer, si ce n’était le temps, le I have a dream de Martin Luther King.

eau salée



     
eau salée :  https://vimeo.com/150671374  (4 séquences)

Série vidéo débutée en 2014, constituée de séquences autonomes diffusées par autant d’écrans que de participants.
Aller chercher les larmes où elles sont ! Des femmes et des hommes, visages bord cadre, les yeux dans les yeux du spectateur. Séquences muettes, parce que là où sont les larmes est le silence des mots. Le titre, simple dénomination de matière, neutre de narration, laisse le spectateur en suspend. Un vide face auquel il est invité à se questionner.

FICTIO

fictio (20:21), 2013 


 https://vimeo.com/120888453 (Séquence des 12 premières minutes)

Projection vidéo sur un sol ensablé. 
Une matière narrative dans laquelle image et bande son, déclinent le temps. Dans ce laps de temps composé du crépuscule, de la nuit à l’aurore, s’écoule une narration à la fois orale intégrée à la matière du son, ainsi que manuscrite dans l’image du film. Le narrateur fait le rêve récurrent d’assister à une scène de dialogue entre un personnage nommé LE PARLANT et un second, muet, nommé LE MUET. Cette évocation troublante est sans doute l’émanation d’angoisses de mort du rêveur narrateur, mais dans une forme distanciée. Manière pour lui d’éloigner les mauvaise pensées. 



https://vimeo.com/68611973 (installation à l'Atelier Archipel en Arles, extrait)



s'en aller

s'en aller

Série en cours, portfolio 2013-2014

s’en aller : La série photographique débutée en 2013 se poursuit toujours en 2017, au gré des rencontres. Constituée actuellement de 34 portraits de dos ; des femmes et des homme qui soulèvent leurs cheveux, laissant voir au spectateur ce qu’ils ne voient pas d’eux-mêmes et qui pourtant les révèle. Geste intime, donné, offert.
Sans doute avais-je ces lumineuses impressions depuis l’enfance, du temps de l’éveil à l’autre, gravées dans l’hippocampe ! sans doute. Et la bonne voix d’Emmanuel Lévinas, évoquant la rencontre d’autrui dans l’expérience du visage, ...la nuque est le visage dénudé, une pure présence, sans la contenance... (note griffonnée égarée, retrouvée). Si le titre de la série évoque quelque chose du menaçant : ... Las ! le temps non, mais nous, nous en allons, ... de Pierre de Ronsard, l’emploi de l’infinitif présent sonne comme un ordre donné à soi-même, une promesse de mouvement, un parfum léger de volonté...


Les personnes ainsi mises en portrait restent anonymes, elles éprouvent souvent des difficultés à se reconnaître, tant cette image de soi-même, en dos, n’est pas familière. À la place du portrait « classique » de face, qui désigne le regard comme principal axe porteur de sens (le façonnage des ombres et l’effacement des défauts de carnation participent à la stratégie du regard contrôlé ), cette pose imposée, par le geste théâtralisé de la main qui hisse les longs cheveux sans réel contrôle, donne à voir la nuque, les épaules, met en lumière l’incarnation. La peau est ainsi révélée par le réalisme photographique tempéré (fond neutre, éclairage neutre) : le grain de la peau, le défaut, la rougeur, le creux de la trace, le bouton ; l’existence même, son mouvement en son principe d’incertitude et de finitude. Crue et sensuelle. 













Ma résidence à l'abbaye de Bon-Repos


Il y a une trentaine d'années l'abbaye de Bon-Repos n'était qu'une gigantesque ruine envahie par la végétation. Contre vents et marées une poignée de bénévoles ont fixé, restauré, mis en valeur une grande partie des prestigieux restes (http://www.bon-repos.com).
Pour cette résidence, j'ai voulu réaliser une manière de portrait de quelques-uns de ces restaurateurs discrets et modestes, furtifs en quelques sortes.
Le lieu de l'installation ; deux salles contiguës communiquant par une embrasure de porte, volumes ouverts jusqu'à la charpente remarquablement reconstituée selon les techniques traditionnelles. 10 ou 12 mètres de hauteur sur une moindre largeur. 
Les éléments principaux de ma proposition sont le temps et la visibilité (corollaire du désir). Désirer voir ! ce qui d'évidence, défini L'abbaye et ses "anges" re-bâtisseurs. L'histoire c'est le temps.
Pour réaliser les portraits, je me suis servi d'un système très classique de représentation : l'anamorphose. Je pensais aux "ambassadeurs" d'Holbein et au déplacement dans l'espace que le regardeur doit effectuer pour faire apparaître la totalité de la représention. Au delà de la Vanité, dramatique par l'apparition d'un crâne, l'anamorphose est une construction géométrique, un dispositif qui donne à voir si (et seulement si) le regard se positionne correctement, le désire.
Pour inscrire les portraits des bénévoles dans une métaphore temporelle je les ai dessinés anamorphosés sur de simples architectures de papier en forme de cônes.
Suspendus ainsi dans la charpente, ils avaient l'air de drôles d'oiseaux! tournants lentement sur eux-mêmes, ils semblaient s'adresser la parole - et ils en avaient des choses à se dire, à nous dire ! Alors je les ai enregistrés pour réaliser une création sonore de 4h30. Ainsi un spectateur venant les visiter à plusieurs reprises, n'avait que peu de chance d'avoir déjà entendu leurs histoires et leurs chants, ni vu l’intégralité des 15 portraits ; le spectateur devant chercher sans cesse la bonne position, bien dans l’axe des cônes pour que l’image apparaisse. Ah oui, l'installation s'appelle personne (à la fois présence et absence).
Une petite illustration en forme d'animation d'une minute ici :






Arles 2013

Cour de l'archevéché, festival voies off 2013 photo ©Florent Gardin
LES BOEUFS ENDIMANCHÉS, Dimanche 9 décembre à La Grande Boutique de Langonnet.
Performance du danseur et chorégraphe Léonard Rainis (collectif le Pôle, Lorient) sur mon installation vidéo L'A.






16/9 de peau


16/9 de P (extrait)

- 16/9 de P : Rectangle de peau. Mouvements, ondes. Son, mer.

exposition à Coat Malouen




Saccusmerdae

la peau du tableau


- la peau du Tableau : Un tableau célèbre !. Dans un même mouvement tremblé lent, le regard explore les chairs représentées et l’incarnation du tableau même, sa surface. Craquelures, fentes, petites boursouflures... alors que le ressort de la boîte à musique se déplie jusqu’à l’épuisement, la vision sombre de même, jusqu’au dernier clink.

L'A

L’A : (13:58), installation vidéo 2008


https://vimeo.com/179310925   (extrait 3mn)

Vidéo réalisée à partir d’une collection de photographies de chérubins dont l’image d’origine est prise sur le mobilier de chapelles. Colorisée numériquement, la série se présente sous la forme d’un film d’une durée de 14 minutes projeté sur un voile légèrement balancé par un ventilateur. Le montage crée un rythme lent, une pulsion accompagnée d’une composition sonore ayant pour thème le souffle, la respiration.



installation vidéo

Marie et le lapin




- Marie et le lapin : Un plan séquence de 2 minutes 45 avec son, hyper réaliste. Formellement, la tête de lapin mort à quelque chose d’humain, comme une anamorphose. À l’origine c’est l’histoire d’une vision traumatique enfantine. Vacances à la campagne, la gentille fermière donne La leçon de chose au petit citadin de 8 ans : abatage et dépeçage du lapin. Tremblement de conscience, dévoilement ; si même les peluches sont mortelles, alors moi...?
Depuis ce petit drame existentiel, et même si je sais maintenant que les peluches sont quand même immortelles, je n’ai de toute ma vie jamais acheté de lapin sauf pour les besoins du tournage, la première et sans doute la dernière fois. De la pensée magique ? Je confesse en avoir mangé dans de très rares occasions, du bout des lèvres et pour ne pas passer pour un convive pénible. Pardon aux lapins.
Je suis heureux de ne pas être seul à avoir cette vision. Lecture du très beau livre d’Olivier Cadiot « Un mage en été », éd P.O.L (p.23) Lapin ! ordre bref via commande cerveau : un lapin s’incruste dans la cuisine, un bon petit lapin virtuel tellement précis qu’on voit battre son coeur sous le pelage. çà marche. Juste avant de le sacrifier sur l’inox. Vous voulez un crâne en anamorphose dans l’air. Fonction cuisine Holbein.




jeu de mains


- jeu de mains : 2 mains se rencontrent dans 4 gestes simples. Petite chorégraphie sur un mode temporel répétitif, la composition sonore est une re-interprétation des variations Goldberg(Aria). Jean-Sébastien Bach ou le temps en forme de cercle.




INVITATION




J'expose à l'abbaye de Coat Malouen dans les côtes d'Armor du 22 avril au 20 mai 2012.

Le vernissage est le 21 avril et je vous invite à réfléchir un verre à la main, à la Vanité en cette veille d'élection ...
Cette exposition, intitulée Saccusmerdae est organisée par Marie et Michel de mt-galerie. Un grand merci à eux pour leur professionalisme et bonne humeur.
Au 21, donc.

SACCUSMERDAE

néon blanc 87 x 14 cm
Où il est dit que le roi possède deux corps. L’un divin, l’autre corruptible. Ainsi ces deux états nous mènent, 
croyant posséder l’un l’autre nous tient !





Pourquoi Saccus merdae
C’est la lecture d’un livre de Pierre Michon, Corps du roi, éd. Verdier.
Dans un petit chapitre illustré par une photographie de Samuel Becket, il parle des deux corps du roi. Et à propos de cette photographie « ... par grand artifice, ruse et technique, de tirer le portrait des deux corps du roi, l’apparition simultanée du corps de l’Auteur et de son incarnation ponctuelle, le Verbe vivant et le saccus merdae. Sur la même image. » (p 14)
Le concept des deux corps du roi a été formulé par l’historien Ernst Kantorowicz en 1957 dans son ouvrage Les deux corps du roi.
C’est pourquoi dans l’expression : « le roi est mort, vive le roi » le vive le roi ne s’adresse pas au successeur au trône mais au second corps, qui lui est immortel. Je n’ai pas lu Ernst Kantorowicz, c’est simplement la recherche que j’ai effectuée sur l’origine de l’expression puisque dans le livre de Michon elle est en italique et sans référence.
Parce que Saccusmerdae
Je me suis saisi de l’expression parce que si c’est du latin, c’est un latin proche du français, aisément compréhensible. Mais on ne le décode pas immédiatement comme on décode le sens d’un mot écrit « normal » c’est-à-dire sans l’épeler, globalement. Là, il faut pour le saisir, l’épeler, le mâcher mentalement pour que son sens se libère, brutal. Et ce procédé de « compression/détente », était pour moi très visuel et dramatique. Pour en accentuer l’effet j’ai donc réuni les deux mots en un seul et matérialisé dans un outil de communication en néon (lumière ! lumière !).
Il y a aussi l’idée que sans être Becket ou les grands « Auteurs » dont parle Michon pour illustrer l’idée des deux corps du roi, nous avons tendance à être oublieux de notre commune destinée. La photographie de la pièce en néon est accompagnée de la formule : « Où il est dit que le roi possède deux corps. L’un divin, l’autre corruptible. Ainsi ces deux états nous mènent, croyant posséder l’un l’autre nous tient ! »
Vanités, memento mori, « Mignonne allons voir si la rose ...» ... c’est un grand classique. Ici, saccusmerdae est l’équivalent du crâne des vanités classiques. L’apparition retardée du sens fonctionne comme la représentation anamorphosée du crâne dans « les ambassadeurs » d’Holbein.


le testament de Pan (sculpture avec vidéo 2004)



Des éléments :

Pan!... bruit sec, un coup, un éclatement. Brutalité instantanée de l’événement irréversible comme la mort, et de son écriture au pan du temps (sa mémoire).

Et Pan prénom Peter, l’enfant au présent éternellement fixe - comme tué, à l’ombre inconstante, hors flux du temps. Drame commun de l’impossible adulte, enfoui paradoxalement à l’ombre de chacun.

Et la»femme sans ombre» le roman d’Hofmannsthal, fille des dieux -immortelle donc - désirant l’unique bien qu’elle ne possède pas, l’amour. Amours humaines, qu’elle éprouvera enfin en s’immergeant dans le cycle temporel -se faisant, elle trouvera son ombre.

Et encore Pan, tout.


Le dispositif :

Une structure vaguement pyramidale composée d’un entrelacs de tiges de métal ployé de manière apparemment aléatoire est posée sur un miroir noir. Un projecteur vidéo disposé au-dessus de l’ensemble projette verticalement la lumière d’un film - «douche» lumineuse animant le métal.
Dimensions : 170 x150 x 150cm


Le film de 15 minutes est composé d’une suite de courtes séquences monochromes bleu. Mouvements de caméra et corps filmé en une incessante gesticulation. Si la lumière du film semble prisonnière de la structure de métal, l’image du corps ne se révélera que dans le reflet, renvoyé par le miroir noir au-dessus de la structure(un tulle tendu sous le projecteur reçoit l’image).

La bande son a été réalisée à partir du lied de Schubert, «Gute nacht» du «Voyage d’hiver» (die Winterreise).
Mais le temps du lied a été distendu, comme explosé de l’intérieur. La voix humaine, romantique et sombre du chant originel, n’est plus que ruines. Seul, le piano surnage en une mélodie simple et répétitive. Une enveloppe sonore inarticulée plaintive, grimaçante et grotesque.

-l’essence du tragique?
routines (2005)








Série de 14 photographies (tirage argentique, 160cm x 120 cm) réalisées à la chambre photographique. Prises de vues effectuées sur une période de 14 jours le long d’un même segment de petite route, le matin.
La représentation horizontale de la série, c’est à dire une rotation de 90° par rapport à la vision naturelle du sujet, fait apparaître l’image réaliste selon un schéma intellectualisé. Le regard, toujours soumis à l’illusion de la perspective, cherche des repères ici perturbés et construit un mur là où la route est (ou reste) sujet de l’image. La route; sa matière, les ombres projetées, apparaît alors comme un véritable mur-tableau, emprunt d’une éphémère étrangeté par le balancement de l’image réaliste et de la composition abstraite.